l’appétit

par miguel d'ajuda pinto

deux semaines sans écriture il y a deux semaines que je n’ai pas écrit je n’ai pas écrit depuis deux semaines
et je me sens me vider et ça s’effondre comme si mon corps en glissant mon ventre et ça provoque et fait un appétit terrible
pour toucher quelqu’un je donnerais tout je ne suis plus certain de me toucher j’ignore là qui je touche
c’est il n’y a que quand j’écris que j’existe
c’est pas sûr que j’existe sans écrire
le fond c’est m’exprimer tout ce temps que je passe je rêve de m’exprimer
les sujets ne manquent pas ce sont les oreilles là où je vis on est plein et ça fait une masse ronde et indivisible et bruyante avec ça
une somme c’est dire qu’il n’y a personne
et là j’ai tout sauf envie de m’exprimer je ne le peux pas beaucoup il n’y a personne que je vois tant mon expression est encore imprécise et lointaine de ce que je veux dire je ne sais comment dire ni comment le dire et le lui dire à personne alors j’invente pour moi des trucs qui partent de moi me traversent et meurent plus loin
ça ne dure qu’un temps car je ne supporte pas que je veuille ainsi m’expulser artificiellement cette spontanéité ce volontarisme me fatiguent et me rappellent les cabots qui font du bruit dehors
alors j’attends
parfois dedans ça hurle beaucoup c’est la querelle
et je ne veux pas de lutte pas entre chacun pas de cette mort de ce pourrissement quand elle vient je m’en vais pour attendre de nouveau
et avec ce que j’attends j’ai le temps de penser
par exemple je pense moi que je lutte trop mais ne me rosse pas assez
par exemple je pense qu’il y a plusieurs fins (j’ignore combien mais sais qu’elles s’épuisent) ce n’est jamais le même qui termine
et je pense qu’il y a des débuts qui se groupent en un seul c’est la même chose qui commence plusieurs fois