les mouches

par miguel d'ajuda pinto

il faut rester tranquille se tenir tranquille je reste là tranquille au trou à collectionner les pattes de mouche
ne pas faire de bruit du bruit qu’avant j’ai fait du bruit de rien du bruit qu’il fallait faire
quand il fallait que ça pète cède rompe
du bruit comme eux qui ne disaient même pas qu’ils disaient disaient pas plus mais ils causaient
et causent encore
ce n’était que causerie petites tapes sur l’épaule grandes idées grands fours fonds tambours qui s’ébrutaient sans fuite éclat pas de percée sur les gueules bien ointes bien pouillées entre elles
et l’est encore
là j’ai causé un temps c’était tout seul pas de renvoi dans l’absence c’est allé trop loin rien n’a cédé rompu j’étais déjà mort
depuis je reste tranquille me tiens tenir au trou à collectionner les pattes de mouche
parfois en ronge une deux
à faire le tranquille tant même tant que le tranquille s’assagit qui a été remuant je ne fais pas de vague dans mon trou ses digues jamais et les toutes prouesses de l’imagination humaine
des vallées noyées à ça et des vies dont le souvenir se disperse un peu et parfois les remontées
je ne fais pas de bruit mais les pattes de mouche accumulées avec je fais des ailes c’est contre moi et fais un corps ou ça se fait tout seul je ne sais plus et ça volète oui comme ceci le bruit pas clair
je ne peux pas dire ce que ça fait il ne faut pas le dire
dire ça tue ou demeure insuffisant ça n’a pas de sens mais peut-être ça lui pousse après